Le pastoralisme, une exploitation agricole fondée sur l’élevage en pâturages naturels, est une activité ancestrale sur le territoire des Maures. Le massif et la plaine ont toujours été un territoire de transhumance majoritairement inversée. L’été, les troupeaux établis dans les Alpes viennent l’hiver dans les Maures.
Dans la plaine, le pastoralisme était traditionnellement associé à la viticulture, en témoignent les bergeries encore présentes sur certains domaines. Les troupeaux en provenance des Alpes fournissaient le fumier, puis les vignes non labourées l’hiver étaient pâturées jusqu’à leur débourrement.
À partir des années 1950, le pastoralisme a progressivement décliné en raison de la déprise rurale généralisée et du recul des pratiques agroforestières traditionnelles (liège, châtaigne, pastoralisme, apiculture). L’abandon des pratiques agro-sylvo-pastorales a accéléré la fermeture des parcours pastoraux par l’embroussaillement et le reboisement, aggravant ainsi la sensibilité du massif aux incendies et appauvrissant sa diversité en habitats naturels.
Grâce à sa fonction d’entretien des milieux ouverts, le pâturage extensif est un facteur d’enrichissement écologique. Il constitue des biotopes particulièrement riches notamment au niveau de la flore et de l’entomofaune (insectes). Ce sont également des habitats favorables à de nombreuses espèces animales, par exemple à la Tortue d’Hermann. Ainsi, la reconquête et la remise en fonctionnement de ces espaces augmentera leur résistance aux risques naturels et participera à assurer leur pérennité.
Depuis les années 1980, le pastoralisme s’est redéployé suite au regain d’intérêt qu’il a suscité pour l’entretien de la forêt dans le cadre de la lutte contre les incendies, enjeu majeur sur le territoire des Maures.
Conçu et développé par le CERPAM à l’échelle intercommunale pour le compte du Syndicat Mixte du Massif des Maures, le POPI concerne aujourd’hui plus de la moitié des communes varoises. C’est une démarche participative au service des collectivités territoriales qui permet de :
- Mieux connaître l’élevage pastoral ;
- Répondre aux enjeux de préservation de la biodiversité et de prévention du risque incendie ;
- Partager l’espace entre les usages multiples des territoires ;
- Conforter l’élevage pastoral grâce à un plan d’actions porté par des collectivités ;
- Favoriser les circuits courts de production et de commercialisation des produits issus de l’élevage pastoral local.
Au moment de la mise en place de ce projet , cette démarche avait déjà été effectuée sur les 12 communes de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez ainsi que sur la commune de Roquebrune-sur-Argens. Il a été proposé d’étendre la démarche et de la rendre cohérente et coordonnée à l’échelle du massif des Maures en la prolongeant sur 16 communes et 3 intercommunalités :
- 6 communes de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures ;
- 6 communes de la communauté de communes Cœur du Var ;
- 3 communes de la communauté d’agglomération Dracénoise.
Les 3 intercommunalités ont prévu pour cela de confier, par convention, la maîtrise d’ouvrage du POPI au Syndicat Mixte du Massif des Maures sur leurs communes concernées.
1. Le résultat des enquêtes a permis d’identifier au total 50 éleveurs pastoraux professionnels dans le massif des Maures. Les territoires pâturés par ces 50 éleveurs représentent 31 328 ha soit 22% du territoire du Massif des Maures. Toutefois, la répartition des éleveurs et des territoires pâturés est variable selon les intercommunalités.
Chaque éleveur a un territoire continu qui lui est propre. Peu d’éleveurs sont propriétaires de leurs quartiers de pâturage. Ils sont en convention de pâturage ou le plus souvent en accords oraux. Ils sont donc soumis perpétuellement au changement des propriétaires, ou au changement de volonté des propriétaires ce qui fragilise leur situation.
2. Plusieurs cartographies ont été réalisées sur les enjeux du territoire : DFCI, gestion forestière, espaces naturels sensibles, biodiversité, protection des eaux, tourisme et loisirs, urbanisme, prédation, chasse.
Trois ateliers coopératifs ont été organisés permettant de croiser les enjeux, d’identifier les contraintes et de co-construire des solutions en concertation. Les thématiques abordées ont été :
- Gestion forestière et DFCI ;
- Réouverture du milieu et biodiversité ;
- Interface périurbaine, prédation et agropastoralisme.
Les besoins des éleveurs, élus et partenaires ont été discutés. À l’issue de ces échanges, plusieurs actions concrètes ont été sélectionnées afin de répondre à ces attentes.
3. La Charte Pastorale Intercommunale résulte des ateliers thématiques coopératifs. Sans valeur juridique, elle est un véritable contrat moral entre les collectivités locales et les éleveurs.
Elle est composée de 3 éléments :
- Les sites d’intervention visent à définir et décliner les actions spécifiques vis-à-vis des enjeux présents. 24 sites d’intervention ont été identifiés pour mettre en œuvre le plan d’action du POPI des Maures ;
- Le plan d’actions pastorales qui vise à synthétiser les actions de chaque site en les priorisant, en proposant des partenaires et en définissant les moyens nécessaires à engager (pistes de financement). Il se répartit en 5 grands axes de travail :
- Renforcer et développer le pastoralisme en forêt ;
- Affiner les connaissances sur le lien entre biodiversité et pastoralisme dans le massif des Maures ;
- Faire du pastoralisme un des axes de transition agroécologique de territoire ;
- Communiquer sur l’activité pastorale pour une coexistence apaisée sur le territoire ;
- Animer le POPI.
- Les fiches actions définissent :
- Le type d’enjeu ;
- Les problématiques vis-à-vis du pastoralisme ;
- Les actions à mettre en œuvre par les éleveurs et par la communauté de communes.