Vieillissantes et dégradées, les suberaies (forêts de chêne-liège) du massif des Maures se sont amplement réduites par rapport au début du siècle, mais représentent toujours plus de la moitié de sa surface forestière. Emblème du massif des Maures, le chêne-liège contribue à la biodiversité exceptionnelle de ce territoire et lui confère un paysage unique.
Entre inquiétude et espoir, le devenir des suberaies est au cœur des politiques forestières du territoire que le Syndicat Mixte du Massif des Maures souhaite impulser. Cette impulsion s’appuie sur une synergie d’acteurs œuvrant au redéploiement d’une filière liège varoise devant garantir sa protection, sa préservation et la transmission des savoir-faire locaux et de nouvelles formes de valorisation de ses produits (matériau d’isolation, comblement, décoration, bouchon purifié, etc…).
Initiées en 2011 par l’ASL Suberaie Varoise, elles ont été portées par Forêt Modèle de Provence en 2013 et, depuis 2015, par le Syndicat Mixte du Massif des Maures.
Les Journées Techniques du Liège sont un outil pour la connaissance du liège et la reconnaissance des acteurs du liège du massif des Maures, avec la participation de représentants du pourtour méditerranéen. Elles ont lieu tous les deux ans, en année impaire, dans le massif des Maures et sont complétées en années paires par Vivexpo sur le territoire des Pyrénées orientales par l’Institut Méditerranéen du Liège (IML).
Ces journées techniques favorisent la mise en réseau, le transfert d’informations et de connaissances, puis les retours d’expériences, qui sont autant de garanties pour la construction de projets cohérents et porteurs de nouvelles perspectives techniques et économiques à l’échelle nationale.
Les partenaires représentés incluent :
- Des acteurs de l’ensemble des pays méditerranéens concernés par le chêne-liège : le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ;
- Des acteurs nationaux comme l’ONF, le CNPF (PACA, Corse, PO), l’Institut Méditéranéen du Liège, l’association Forêt Méditerranéenne, les COFOR, l’Entreprise DIAM Bouchage ;
- Des acteurs locaux comme l’ASL Suberaie Varoise, l’association Forêt Modèle de Provence, l’entreprise Liège Junque, l’entreprise Liège Mélior, et les institutions comme le Conseil Régional Provence Alpes Côte-d’Azur et le Conseil Départemental du Var.
À ce jour, 4 Journées Techniques du Liège ont déjà eu lieu (2013, 2015, 2017, 2019) et la prochaine édition est prévue le 2 et 3 octobre 2025.
L’objectif de ces deux journées est d’obtenir un état des lieux complet des méthodes de régénération des chênes-lièges testées, afin de proposer des solutions aux suberaies des Maures et d’identifier les essais complémentaires à réaliser.
La journée du 21 novembre 2013 consacrée aux méthodes de régénération du chêne-liège dans les différentes régions du bassin méditerranéen et au développement des plants s’adresse plus particulièrement aux professionnels de la filière et aux élus. Des intervenants du Portugal, d’Italie, de Tunisie, du Maroc, d’Algérie, du massif des Maures et des Pyrénées orientales ont accepté de présenter leurs avancées sur le sujet.
La journée du 22 novembre 2013 a porté sur la filière économique du liège avec des exemples de débouchés et une réflexion sur le management stratégique de la filière liège. Cette deuxième journée a été à destination d’un public plus large que les professionnels de la filière du liège. Une démonstration de valorisation du chêne-liège a été proposée en deuxième partie de journée en forêt. Pour mobiliser les réseaux et en être reconnu, cette rencontre a accueilli les conseils d’administration de Retecork, le réseau européen des territoires du liège.
Organisées par le Syndicat Mixte du Massif des Maures avec Forêt Modèle de Provence, l’ASL Suberaie Varoise, l’Institut Méditerranéen du Liège et les Communes Forestières du Var, les Journées Techniques du Liège se sont tenues le 1er et 2 octobre 2015 à Ramatuelle dans la continuité des journées précédentes.
Les divers intervenants, issus de secteurs variés tels que la recherche, l’industrie, la formation, ou la culture, ont présenté leurs derniers travaux et expériences sur la régénération des suberaies, en mettant l’accent sur la qualité et la durabilité.
La journée du 1er octobre a porté sur les résultats de 15 années d’étude. Concernant les techniques de plantation, Louis Amandier – ingénieur forestier – a exposé les résultats obtenus avec le chêne-liège dans les Maures grâce à la technique dite du “collet enterré”, qui consiste lors de la plantation à enfouir les plants plus profonds en allant jusqu’à enterrer les premières feuilles. Les observations expérimentales montrent un effet significativement positif de cette technique sur la croissance en hauteur des chênes-lièges et sur la réduction du phénomène de plagiotrope (croissance horizontale). Ensuite, le sujet du manque de main d’œuvre locale et qualifiée est un constat établi depuis des années par les professionnels du liège dans le Var. L’ASL Suberaie Varoise a pris l’initiative de mettre en place une formation de leveurs de liège où sur les 8 stagiaires sélectionnés, 5 ont reçu leur certificat de formation.
La journée du 2 octobre a été marquée par une présence notable des industriels du liège, signe de leur intérêt pour le développement de la filière varoise :
- La société portugaise Amorim a présenté sa gamme de produits pour la construction, notamment des panneaux d’isolation en liège, offrant ainsi un débouché pour les lièges mâles de « qualité inférieure », contrairement aux lièges femelles de « qualité supérieure » utilisés pour la fabrication de bouchons.
- La société Lièges Mélior, basée à Fréjus, a valorisé une exploitation de 100 à 200 tonnes de liège local chaque année, à la fois sous forme de bouchons pour des vins de garde, ou sous la forme de granulés destinés au secteur de l’écoconstruction (isolation en vrac ou en mélange chaux/liège ou béton/liège).
- La société Diam Bouchage, implantée à Céret dans les Pyrénées-Orientales, a présenté son plan de développement pour le liège de Provence, qui s’appuie sur une clientèle de vignerons demandeuse en bouchons de provenance locale. Cette stratégie s’est concrétisée par la signature d’un contrat d’achat avec l’ASL Suberaie Varoise.
Les journées se sont achevées avec la présentation de plusieurs travaux en lien avec la filière.
Les journées des 22 et 23 juin 2017 avaient pour objectif de rassembler un public plus large que lors des éditions précédentes. Cet événement s’adressait non seulement aux professionnels et experts du domaine du liège, mais aussi aux propriétaires forestiers et détenteurs de matière première, ainsi qu’aux utilisateurs actuels ou potentiels, notamment dans des secteurs clés tels que le vin (avec une attention particulière dans le Var, riche en vignobles) et le bâtiment (incluant les architectes, artisans, etc.). Le grand public, en tant qu’utilisateur potentiel, était également invité à participer.
Ces deux journées se sont articulées autour de 4 demi-journées, chacune axée sur un thème spécifique :
- Une présentation approfondie de la stratégie pour le Massif des Maures, intitulée « Chêne-liège des Maures », a été réalisée par le Syndicat Mixte du Massif des Maures, l’ASL Suberaie Varoise et l’Office National des Forêts . Cette session a inclut également des formats d’actualité du monde du liège et les besoins des territoires dans les Pyrénées-Orientales, Pays Catalans et Corse ;
- Un panel de conférences a été consacré aux enjeux futurs de la recherche et aspects économiques liés au liège. Cette session était principalement orientée vers les professionnels du secteur, offrant un espace d’échange sur les défis et les opportunités à venir ;
- Une visite sur le terrain a été organisée par l’ASL Suberaie Varoise, offrant aux participants l’opportunité d’observer et de mieux comprendre le processus de levée du liège, une étape cruciale dans la gestion durable des forêts de chênes-lièges ;
- Enfin, des conférences ont mis en lumière les débouchés actuels et potentiels du liège, en particulier dans le secteur du bâtiment. Ces discussions ont inclus des présentations sur la valorisation du liège de Provence comme matériau naturel et performant pour la construction, avec des exemples tels que l’isolation en double paroi utilisant du liège de trituration (provenant du Massif des Maures). Des essais en cours sur les matériaux de construction biosourcés et des solutions d’isolation performantes pour le confort estival ont également été présentés.
Ainsi, ces journées ont pu offrir une plateforme d’échanges et de découverte, permettant de mettre en lumière les multiples usages du liège, tant actuels que futurs, et de renforcer les synergies entre les différents acteurs impliqués dans la filière.
La 5ème édition des Journées Techniques du Liège s’est tenue à Ramatuelle le 3 et 4 octobre 2019. Le programme a été organisé autour du thème « la suberaie face au changement climatique ».
Le jeudi 3 octobre au matin, deux tables rondes ont été organisées pour des présentations techniques sur la suberaie. La première a porté sur la santé du chêne-liège face au changement climatique, tandis que la seconde a abordé divers aspects des territoires en lien avec ce phénomène : les suberaies algériennes, la capacité de séquestration du carbone des suberaies varoises, ainsi que les actualités des autres régions françaises productrices de liège. L’après-midi, les participants ont été accueillis par l’équipe du Parc National de Port-Cros et la mairie de La Croix-Valmer pour une visite du site du Cap Lardier. Cette visite a couvert plusieurs thématiques : la compréhension de l’écologie du chêne-liège sur le site et son comportement après un incendie ; la découverte et l’application de la méthode ARCHI pour analyser l’état de santé des arbres. Enfin une démonstration de la levée de liège à l’aide de la machine COVELESS a été mise en place.
Le vendredi 4 octobre, la matinée a été dédiée à une table ronde sur l’économie du liège, couvrant l’évolution du marché mondial du chêne-liège, les premiers résultats du projet GO SUBER, le marketing des produits en liège, et les débouchés actuels pour ce matériau. L’après-midi, une seconde table ronde s’est concentrée sur la place du liège varois dans l’économie mondiale, incluant un état des lieux de l’exploitation locale par l’ASL Suberaie Varoise, l’ONF et Lièges Mélior, ainsi qu’une discussion sur l’utilisation du liège varois dans les bâtiments performants.